7eciel
7e Ciel, Théâtre, Marseille

Création en chantier



"Dégénérescence : nom féminin. Évolution d'une maladie vers une forme plus grave. Littéraire. Diminution des qualités, de la valeur, de la force ; dégradation : Dégénérescence morale. Altération d'une cellule ou d'un tissu qui leur fait perdre leurs caractéristiques fonctionnelles normales et peut aboutir à leur disparition."

Note d'intention

Du jour au lendemain, je suis immergée dans le monde de l’Etablissement Hospitalier pour Personnes Agées Dépendantes (Ehpad) par l’installation de mes parents. Mon sentiment de tristesse et d’effroi se transforme en une curiosité empathique pour ce monde parallèle qui réunit des gens de milieux sociaux différents aux multiples histoires. De cette observation naissent des situations souvent  incongrues  et  touchantes,  créant  l’envie  de  représenter ces  personnages  sur  un  plateau  de  théâtre: posture  des  corps,  marque de la  vie  et  du  temps,  expression  des  regards,  des  paroles  parfois  libres  et souvent insensées, disparition des conventions sociales et primauté de l’inconscient sur le conscient, proche de l’attitude des enfants.
Entrer dans un Ehpad, c’est comme rentrer dans une autre dimension. On y rentre difficilement, quelque soit son âge, le plus souvent effrayé, car une vraie politique du traitement de la vieillesse en France est absente et nombreux sont les témoignages sur la maltraitance des plus âgés.
 
Vieillir n’est pas dans l’air du temps, et pourtant l’espérance de vie s’étire.
 
J’ai envie de m’arrêter un temps auprès de ces vieux, d’observer leurs métamorphoses, échanger et deviner ce qu’ont été leur jeunesse, les grands traits de leur vie, ce qui constitue leur identité, leur désir moteur. Et par ricochet me questionner sur l’impact de mon obsolescence programmée, qu’est-ce qui constitue mon identité, mon désir moteur, mon rapport au féminin, à l’empreinte de mon image.
 
Comment rendre cette métamorphose ultime avant la mort salvatrice, théâtrale et poétique, apportant du reflet, de la profondeur et du vivant à ceux que l’on ne regarde plus ?
 
Comme dans les créations précédentes, il s’agira de mettre le focus sur ces personnages à la marge, les oubliés, ceux qui dérangent et ceux qui bouleversent les préjugés. Mettre en chantier les prémices d’une histoire qui transpose toute la vie au-delà des murs: des corps qui tiennent encore debout, des chutes imprévisibles, des coups de gueule, des fous rires, des personnages qui luttent, qui se révèlent, bref une fête de la vie, de l’amour.

Marie Provence, décembre 2017.

Auteur et dramaturgie: Magali Mougel
Mise en scène: Marie Provence
(Distribution en cours)
 


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