7eciel
7e Ciel, Théâtre, Marseille

Revanche





L'histoire
Revanche, c’est pour toutes les fois au collège où on s’est senti exclu, rejeté, où on n’a pas voulu de nous dans le groupe, parce qu’on n’était «pas assez ci» ou «trop ça». C’est l’histoire de Tom qui ne supporte plus que des élèves imposent leur loi. Avec ses amis, il va s’unir à tous les malmenés, les mis de côté, les boucs émissaires pour que plus personne n’ait à subir. Le groupe Revanche est crée.

L'école de la vie 
Trouver sa singularité et l’expérimenter dans le groupe est l’essence même du théâtre, tout comme cela représente une difficulté majeure dans la construction de l’adolescence. Le rapport clanique du dominant : dominé rythme les années scolaires, on se construit soit dans la lutte, soit dans la force, soit dans le repli. Les termes «populaire», «cassos», «payot», «cheum», «quiche», «tchoin», catégorisent ces clans. C’est l’école de la vie. L’école de 2020 où les jeunes perpétuent le difficile cheminement de la construction psychique, dans un paysage numérique où l’instantané empêche toute réflexion, où les images d’actualité balayent les oppositions quotidiennes entre oppresseurs et opprimés, justice et injustice, Occident et Orient, le paraître et la pensée.

Marjorie Fabre s’est immergée auprès d’adolescents pour écrire son texte « Revanche ». Par une écriture séquentielle et rythmée, elle propose une palette de 19 personnages qui décident de changer la donne: quitter leur statut de victime pour endosser celui du héros. Elle s’intéresse à leur parcours de vengeurs: leurs victoires, leurs difficultés, leurs doutes. Elle interroge comment mettre fin à une spirale de la violence qui parait inéluctable et offre ainsi aux jeunes spectateurs, par le biais du jeu, une occasion d’exorciser des peurs, des questionnements sur le sujet de l’exclusion.

Intentions de mise en scène 
En découvrant ce texte, j’ai aimé son rythme dynamique tout comme son suspens. Sujet récurrent auprès des adolescents, c’est une adresse directe, sans leçon de moral, juste une histoire créée par des tableaux/séquences, où le jeu des acteurs est jubilatoire et extrêmement énergique. J’y perçois une grande liberté de mise en scène pour passer d’une séquence à l’autre, dans les relations entre les personnages et dans l’interaction avec le public.
Dans mes mises en scène précédentes, une place importante est laissée à l’onirisme mais aussi à l’adresse directe au spectateur. Le mouvement dans sa globalité, comme un cycle fatal, est souvent questionné. Ici, ce sera l’occasion de développer encore plus l’adresse et les pulsions des protagonistes. Les séquences qui paraissent quotidiennes seront extrapolées par le jeu des acteurs, dans une énergie et des relations créées au présent mais aussi avec les jeunes spectateurs sollicités.

19 personnages s ‘inscrivent dans cette histoire et je l’imagine avec 5 comédiens, 3 garçons et 2 filles, avec des physiques très différents. La dynamique du jeu, accompagnée de mouvements physiques pour exulter la rage, les chutes, les pulsions, sera la base de la mise en scène.  Je ferai appel à Aurélien Desclozeaux, chorégraphe, qui a déjà travaillé sur « Zoom » avec moi, pour préciser les mouvements et des intermèdes, comme des tableaux visuels à connotation tribale ou des portées structurées, seront inventés.

La problématique du clan est l’élément dramaturgique essentiel. Interférer avec les jeunes spectateurs dans une disposition scénique adaptée, comme la possibilité de les faire rentrer sur le plateau, les impliquant dans l’espace comme s’ils faisaient partie de l’histoire, me parait être une piste intéressante. Tout comme la possibilité d’avoir une version pour les théâtres mais aussi une plus légère pour pouvoir jouer aussi bien dans des collèges ou des lieux polyvalents.
L’espace de jeu sera composé d’éléments de décor symbolisant un vestiaire de gymnase. Ce lieu où les rumeurs s’ébruitent, où les corps se montrent ou se cachent, où l’intime se révèle. Le spectacle sera court et percutant et nous serons attentifs à privilégier l’action, à faire monter la tension, le suspens, en évitant tout cliché anecdotique.

Marie Provence, novembre 2020
 
Générique
Auteur : Marjorie Fabre
Mise en scène : Marie Provence
Distribution : en cours

Création prévue au printemps 2022 - jeune public à partir de 10 ans
Recherche de coproduction en cours


Production 7e Ciel
Le texte est publié aux éditions Koiné et a reçu l'aide à la création de textes dramatiques Artcéna en 2019.



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